Pascale DE VISSCHER
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Pincer, étirer, gonfler, déformer… Selon la façon dont je l’ai pétrie, selon la position qu’elle occupe ensuite dans ma main ou sur mes genoux, l’argile se laisse aller, tantôt docile, tantôt rétive à la pression que, lentement, patiemment et de l’intérieur, je lui impose jusqu’au plus fin d’elle-même, jusqu’avant la déchirure. Juste avant. Ainsi, sous mes doigts, elle glisse, lisse, quasi moelleuse, tandis qu’à l’extérieur, elle se fendille, se crevasse, se lézarde, offrant à la sécheresse, qui peu à peu la gagne, une manière de rudesse, un semblant d’armure. Mais la cuisson dénonce aussitôt l’imposture, tissant entre le dedans et le dehors un réseau doré de lumière et, par endroits, une mince cicatrice. Alors, ce qui se disait âpre et robuste devient soudain fragile et léger, à peine plus lourd que la membrane qui semble s’en échapper.
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