Fazy façonne de la terre, la cuit. Elle parle de la terre de son pays qui brûle. Fazy modèle sa mémoire. Le feu de ses amours lèche les objets qu’elle pétrit. Terres et feux pluriels.
En tant que femme et émigrée, elle fait œuvre d’enracinement et de déracinement. Elle se nourrit de sa propre vie, de son regard qui est le sien « parce qu’elle a vécu comme ça » . Elle a soif de dire vrai sans souci de faire beau. Elle se désaltère sans complaisance aux sources de son histoire, voire de ses drames.
Tout au long de son récit personnel, elle modèle la matière noble et précieuse qu’est la porcelaine pour construire une œuvre fragile, jaillie de l’ombre, suspendue entre ciel et terre, comme menacée de s’effondrer assurée de s’élever ; au fil du travail, elle tisse autour de nous un petit tour du monde.
Pierre Dailly







































